C’est les mollets endoloris et la tête encore dans les montagnes que j’écris ces lignes… De retour de huit jours de trekking dans le parc national de Torres del Paine.
Torres del Paine est situé au sud du Chili, un peu au nord de Puerto Natales. C’est un parc de 181 414 hectares, réputé pour être un des plus beau d’Amérique du Sud. Ça réputation est fondée autant que sa renommée à travers le monde. Des milliers de personnes le parcours à chaque année que se soit simplement pour admirer les célèbres Torres, faire le trek ’’W’’ ou le ’’O’’ comme j’ai fait!
C’était donc un des endroits que je voulais absolument voir en Patagonie… Je voulais en faire une partie de mon projet d’envergure, mais pour toutes sortes de raisons, se sera simplement l’une des plus belle semaine de ce voyage.
Après deux jours de repos à El Chatén, où je reviendrais plus tard, je reprends la route pour atteindre ce but que je m’étais fixé! Depuis mon départ de Puerto Varas, mon désir de rejoindre Torres Del Paine se reprochait tranquillement. Au rythme de la Caretera austral.
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Et c’est en faisant de pouce que je m’y rendrai. Cela marche aussi bien en Argentine qu’au Chili. C’est ainsi que je rencontre une famille de chiliens en vacance, vraiment sympathique. Je passerai deux jours avec eux, ferrai les commissions nécessaires à Puerto Natales, pour huit jours de trekking, avant que la famille me laisse au commencement du trek. Qu’elle chance de rencontrer cette famille! Ils me font promettent de passer chez eu à Punta Arenas en revenant (une centaine de kilomètres plus au sud, mais je ne pense pas avoir le temps)…
Je passe donc la première journée dans ce parc avec eux. On fait une ballade jusqu’au mirador du glacier Grey.
Le vent est intense aujourd’hui, surtout qu’il a des kilomètres de platitude sur le glacier pour prendre sont envole. On fait le tour de ce parc immense en auto!
C’est comme ça que je verrais mes premiers guanacos… un animal entre le chameau et le lama qui courre à plus de 70 km heure.
La famille me dépose vers 16h, au début du O. Je marcherai 1h30 avant de rejoindre le premier camping à la fin de la route de terre. Je ne fais pas de stop, je veux apprécier ces premiers moments seule dans ce parc. Un pick-up s’arrête qu’en même pour m’embarquer. Bah, je marcherai seule pendant 8 jours, autant en profiter. C’est comme ça que je rencontre un jeune couple de Chiliens de Santiago. Je passerai la soirée avec eux.
Décidément, je suis vraiment contente d’être de retour au Chili. J’ai senti un petit frisson de bonheur, quand j’ai repassé la frontière à Cerro Castillo avec cette jeune famille en vacance. J’aime ce pays et ses gens ! Gênés à premier abord, puis tellement accueillant.
Jour 1 18 km – Camping Serron
Ce matin le vent est tout aussi fort qu’hier! Des bourrasques durant le nuit mon réveillées, aux prises dans la toile de ma tente. Elle a tenu le coup, c’est ça qui compte. Le matin, je ferai une petite balade avec les deux amoureux chiliens avant de prendre la route vers 13h pour le premier camping du circuit O. J’ai 12 km à parcourir jusqu’au camping Serron. La première journée ce passera entre les steppes et la Cordillères des Andes. D’immenses vallées et des champs, aux pieds des montagnes.
Arrivée au camping, il n’est pas facile de ce trouver une place à l’abris du vent pour installer la tente. Mais il y a une cabane pour cuisiner et même une douche avec de l’eau chaude! Et bien, si c’est comme cela dans tout les campings… cette expé sera un pur bonheur.
Toute la nuit, il vente et il pleut. À mon réveil, les sommets des montagnes sont enneigés. Qu’elle beauté!
Sur le camping, je retrouve une californienne que j’avais vu à Puerto Varas… Il y a beaucoup d’américains et quelques chiliens. On est une trentaine environ. Des gens qui viennent trois semaines au Chili et qui passent presque tout leur voyage dans ce parc. Des amoureux de plein air, des grimpeurs et un guide de raft, qui deviendront mes potes de marche! haha! Les discussions sont passionnantes, mais le froid qu’apporte ce vent constant, nous fatigue vite. Les feux sont interdits! Evidement avec ce vent, mais aussi parce que le parc vient juste d’être rouverts. Un touriste avait mal éteint un feu qui a ravagé plus hectares, la même chose c’était déjà produite en 2008… Même en proclamant ce parc réserve de la biosphère, il n’en n’est pas moins épargné de l’emprunte écologique de l’homme!
Jour 2 20 km – Camping Serron au Refuge Dickson
Ce sera sous la pluie et le vent que nous parcourons ce début de matinée, les paysages changent déjà, délaissant les steppes pour s’élancer dans des vallées et sentir les montagnes aux sommets enneigés nous encercler peu à peu…
J’arriverais au camp en compagnie et cette gentille californienne, dont je ne me souviens plus le nom, et de son ami le guide de raft de la Colorado River. Je suis contente d’arriver, de découvrir ce refuge de l’autre côté de la montagne, isolé du reste de monde, aux creux des glaciers. Le vent et la pluie mon épuisé, mais surtout ces 20 premiers kilomètres avec le poids de mon sac plein de bouffe.
C’est la fête d’un des trois grimpeurs qui a commencé le trek en même temps que moi… le trio du fin fond du Nebraska, je crois. Ils m’offriront une bière pour l’occasion. C’est bon de la déguster en admirant ces montagnes, bien emmitouflé dans ma doudoune. La cerveza la màs austral dit la canette! Nice! Un bel endroit pour fêter son anniversaire.
Jour 3 12 km – Refuge Dickson au Camping Perros
Je prends le temps de me lever bien tard et de profiter des quelques rayons de soleil qui tardent à ce montrer ce matin. Je n’ai que 12 km à parcourir aujourd’hui. Cette section monte tranquillement dans la vallée pour rejoindre le glacier Puma. Elle mène à un camping au abord du glacier. Une halte de repos pour passer le col le lendemain afin d’apercevoir l’immense champ de glace du glacier Grey. Aujourd’hui, je recroise Nico, un chilien qui travaille pour CONAF, l’administration du parc. Sa job est vraiment sympa, elle consiste à parcourir les sentiers sur une section de 20 à 30 km par jour. Il se déplace de refuge en refuge et ferme les sentiers vers 20h le soir. Il ramène les derniers marcheurs vers les campings puis lui-même établi son campement au milieu d’un sentier en cas d’urgence. Je comprends la nécessité de son boulot dans cet arrière pays. Même si les sentiers sont extrêmement bien indiqués, nous avons croisé trois rangers qui venaient de retrouver une fille perdue depuis trois jours dans les montagnes. Beaucoup de gens s’élancent dans ce trek, sans avoir vraiment fait de camping et ne sont guères équipé contre la pluie et le vent, mais le parc assure une bonne sécurité. Il est possible de louer des sacs de couchages dans presque tout les camping et de s’approvisionner en pain et chocolat dans les refuges. C’est mon côté frenchy qui aime ça!
Nico, il a fait en trois heures, ce que j’ai parcourus en six heures hier… moi qui pensait marcher d’un bon pas. C’est un métier qui tient en forme ça!
J’arriverais au campement Perros vers 16h. L’arrivée n’a pas été facile, du gros vent de face, alors que ce matin j’étais en camisole, prête à me faire bronzer! Les paysages sont à couper le souffle et changent à chaque jour. Juste avant le campement, il y a un petit glacier, je crois même apercevoir quelques flocons de neige à la place de la pluie. La nuit va être froide.
Je me couche tôt, demain on a une grosse journée. Le passage du col. Une bonne montée assurée. Seulement possible par beau temps. La passe est quelques fois fermée, car il est facile de perdre le sentier sous la neige…
Jour 4 20 km – Campement Perros au refuge Grey
On ce lève tôt, tout le campement est en branlebas de bonne heure. Le vent souffle moins fort le matin… même si en Patagonie, il ne semble jamais s’arrêter.
Je me lève vers 6h et part vers 7h30. Je suis la première à m’élancer dans la montagne, sachant très bien que les trois grimpeurs américains allaient bien vite me rattraper. Enfaite, je compte bien sur eux pour ne pas passer ce col toute seule, surtout, si le vent se lève.
C’est la californienne et le guide de raft qui me rattrape, je ferrais l’ascension avec eux, puis les trois grimpeurs nous rejoignent. Il neige, d’une petite neige fine, celle qui absorbe tout les sons. C’est absolument mythique comme montée. C’est mon premier passage de col! Le glacier Puma trône fièrement à notre droite. Des cascades d’eaux s’échappent de la glace qui se liquéfie, grâce à la gravité et à l’accidentalité de ces parois que nous longeons. Ce sont les trois grimpeurs qui arriveront en premier aux petits drapeaux, au sommet du col. Ils nous attendront pour manger un biscuit et admirer cette immense étendue de glace que ce jette maintenant devant nous. Le champ de glace Grey et là!
Le vent ne c’est jamais levé ce matin là! Par chance, compte tenu de la neige. Qu’elle ascension mémorable.
La descente, le sera tout autant, presque sans fin. De blocs de roches, en escaliers, en racines, pendant un bon 2h. Les genoux et les muscles en prennent un coup! On se rejoindra tous au prochain camping pour un petit break, puis on continuera jusqu’au refuge du glacier Grey.
Nous avons donc sauté deux campements pour passer au troisième. Une bonne journée.
À cause du feu, le campement après le refuge Grey est fermé. Ce qui nous ferra parcourir une autre journée de 20 km le lendemain. C’est pour cela que nous avons voulu nous avancer le plus possible. Mais aussi parce que j’aime me coucher le soir, complétement vidée d’énergie, avec la satisfaction d’avoir franchi une montagne… C’est bon d’avancer à son rythme!
Le refuge Grey est le début ou la fin du trek W. C’est donc un endroit très très fréquenté en plus d’accueillir le flux de marcheurs des campements fermés à cause du feu. C’est un retour à la civilisation un peu brutal pour nous qui redescendons des montagnes. Il y a presque des embouteillages dans les sentiers tellement il y a du monde. On suit le glacier, le refuge est installé à la fin de celui-ci…
Le refuge Grey est très accueillant, c’est presque un hôtel en forêt. Il faut réserver plusieurs semaines d’avance si l’on veut dormir en refuge. On profitera de cet endroit, où le vin est moins cher que dans la montagne pour fêter le départ d’Eaton, le guide de raft et l’ascension du col. C’est une soirée mémorable, qui nous rapprochera encore plus!
Ha, c’est montagnes et la vie en plein air, que j’aime ça! Bouger, manger, dormir! Je me sent vraiment privilégiée d’être là… on se couche, épuisés et les joues un peu rouges à cause de vino tinto chilien!
Jour 5 20 km – Refuge Grey au campement Italiano
Ce matin, le petit groupe d’amis que nous formons maintenant a un peu la tête dans le cul! On essaye tous de se lever tôt pour rejoindre le campement Italiano. C’est un camping gratuit à 20 km, mais qui selon les dires n’accueil qu’une trentaine de tentes. Les autres campements autour sont fermées et le suivant coûte 6000 pesos. Environ 12$, il n’est pas question que je paye 12$ pour dormir dans ma tente…!
Eaton, nous salue, il va prendre le bateau… tous prennent le sentier perdu dans leurs pensées embrumées de la veille! Le sentier est lui aussi embrumé, car nous parcourons maintenant, les lieux du feu… C’est une drôle d’ambiance, d’automne!
On se rejoints à mi-chemin pour dîner tous ensemble. L’après-midi est superbe, il fait plus chaud de se côté des montagnes, les steppes du départ ce rapprochent et nous allons contourner les Torres pour les voir de face maintenant. Laissant le glacier dans notre dos.
C’est la première journée que j’écoute de la musique, je suis crevée des journées précédentes. Mes jambes sont lourdes à cause de l’ascension d’hier… On est tous dans les même état… les grimpeurs aussi gambadent moins vite aujourd’hui!
On finira par rejoindre le camping Italiano dans la vallée des français vers 15h… Au pied d’une montagne majestueuse, sur le bord d’une rivière turquoise. Beaucoup de marcheurs ont eu la même idée que nous, mais nous aurons tous une place pour dormir ici cette nuit… le camping est bien assez grand, on est bien plus qu’une trentaine.
Je comprends toute l’importance que prend le Leave No Trace ici. Les campings gratuits du parc n’ont pas de douches, ni d’installations pour la vaisselle, etc. C’est-à-dire, que tous s’abreuve dans les rivières, d’où la nécessité de les garder intactes de tout savons et débris de vaisselles. Il y a plus de 100 000 visiteurs qui visitent ce parc chaque année et sa croissance est toujours plus grande. Les gens semblent sensibilisé à ce phénomène, mais ce rassemblement de touristes de personnes même endroit la soirée venue, n’est pas que rassurante!
Jour 6 33 km – Campement Italiano au campement à la base des Torres
Ce matin, tout le monde ce quitte… les grimpeurs retournent à Puerto Natales, la californienne aussi! Chacun repars à son voyage.
De mon côté, je vais vers la base des Torres. Je préférai garder ce moment pour la fin.
C’est la première journée que je suis vraiment toute seule pour marcher. À la base, je voulais faire ce trek seul, un peu comme une introspection post-bac, tient!… mais ça prend toujours quelque temps avant d’arriver à se retrouver seul avec soi-même!
Ça fait du bien cette journée. Malgré l’accumulation de fatigue, des muscles endolories je parcours les 33 km pour me rendre au camping gratuit à la base des Torres.
Je ferrais une bonne halte au refuge précédent le camping avant la dernière heure d’ascenssion. J’utiliserais les douches subtilement… ben oui, je me dis que je le fais pour les autres, histoire des leur épargner l’odeur de mes kilomètres de marches! Mais elle est trop bonne cette douche et chaude! C’est un vrai luxe une douche en expé…!
Un petit café et une bonne douche et hop! Ça me donne bien en masse la détermination de monter le reste de la vallée pour accéder au camping gratuit, qui sont toujours plus haut!… J’arriver vers 17h30 et je suis crevée. Je me fais un bon soupé avant d’aller voir les Torres à lège…
Vers 20h j’arrive à la base des Torres. Waow, j’y suis enfin… le soleil est tout à fait derrière les Tours… Ce n’est pas bon pour les photos, c’est pas grave, j’y suis! Il n’y a que quatre françaises qui sont là aussi… qu’elle chance, j’imagine même pas le monde qu’il doit y avoir ici en plein jour. Des autobus blindés de touristes gravissant la montagne, l’histoire d’un one day trek afin de photographier ces cathédrales de roche… elles en valent la peine qu’en même!
C’est ici que ce termine mon tour dans Torres del Paine. Je redescends tranquillement vers le camping pour me coucher exténuée. Cette nuit là, je dors mal. Il fait froid, j’ai remonté de 700 m dans la montagne aujourd’hui. Mon sleeping est de -7C et j’ai mes deux doudounes pour dormir. Cela suffisait amplement même au pied des glaciers! Mon ventre me réveille au milieu de la nuit, j’ai faim… j’ai plus grand chose à manger pour me réchauffer!
Je crois que je me suis poussée un peu trop, que je n’ai pas pris le temps de récupérer. Mais je sort demain du parc alors ça ne me dérange pas trop… ça sera juste une nuit moins agréable.
Jour 7 10 km – Campement à la base des Torres à Puerto Natales
Je redescends tranquillement la vallée pour rejoindre l’une des sorties du parc. Il fait chaud aujourd’hui et le vent ne semble pas vouloir ce lever! C’est une autre belle journée…
Peut-être un peu à cause de la fatigue de cette semaine de marche, mais je suis nostalgique à l’idée de quitter ce parc… C’était une expé mémorable, dont j’ai dégusté chaque moments!
J’essaie de faire du stop pour revenir à Puerto Natales, mais c’est le bus que je prendrais pour revenir à la civilisation. Une bonne douche, une crevez austral et c’est reparti!
Finalement,
C’était bon cette expé, d’avancer à mon rythme, de me dépasser et de me coucher crevée le soir!
Les rencontres, tout comme les paysages changeant à tout les jours!
Et le passage de ce col, sous la fine neige…
Je vous souhaite, à vous qui lissez ces lignes de découvrir la Patagonie comme ça un jour!
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